Aires protégées et tourisme

Dans notre précédent article sur les aires protégées, nous avons démystifié le concept et dressé un état des lieux au Canada, Québec et Nouveau-Brunswick. Ce second article approfondit le lien entre tourisme et aires protégées. Découvrez pourquoi une certaine activité touristique ou récréotouristique est nécessaire dans les aires protégées et comment en limiter les impacts négatifs.

Des aires protégées accessibles aux visiteurs

Si vous n'avez pas déjà eu la chance de lire le premier article sur les aires protégées cliquez ici

Les aires protégées ne sont pas toutes synonymes de « cloche de verre ». Ainsi, la plupart des catégories d’aires protégées (sauf catégorie 1) permettent l’accès aux visiteurs dans le cadre d’activités récréatives et touristiques. Ces activités prennent de nombreuses formes comme la randonnée pédestre, l’observation de la faune, ou encore la pratique de vélo de montagne ou de ski de fond.

Ce tableau présente pour chaque catégorie les objectifs, les principales caractéristiques et l’approche privilégiée pour le tourisme

Les impacts du tourisme dans les aires protégées

Les aires protégées accessibles au public permettent la découverte des ressources naturelles et culturelles du territoire et participent ainsi à la sensibilisation aux valeurs de conservation et de protection. Dans de nombreux cas, le tourisme est même essentiel pour la création et la gestion d’aires protégées. Les avantages économiques du tourisme dans les aires protégées peuvent également être un argument de poids en faveur de la conservation. Cependant, cette activité nécessite des infrastructures de base et un système de gestion durable afin de limiter les impacts négatifs qui pourraient menacer la mission primaire des aires protégées. Le tableau ci-dessous résume les avantages et les impacts négatifs potentiels du tourisme dans les aires protégées.

Tableau indiquant les domaines d'impact, leurs avantages et effets négatifs

Pour un tourisme durable dans les aires protégées

Pour aider les gestionnaires et autres décideurs à développer un tourisme durable dans les aires protégées, l’UICN a publié un guide présentant des lignes directrices et une série de meilleures pratiques. Le guide est disponible ici. Les dix principes présentés dans le guide peuvent être résumés comme suit.

Principes 1 à 4 —Une gestion et une planification durables

Le tourisme a forcément des impacts sur le territoire et la communauté de l’aire protégée. La gestion, la planification et la conception des infrastructures doivent être en accord avec les objectifs et les valeurs de l’aire protégée.

  • Se doter d’un cadre de gestion clair et précis (ex. : développement par zonage, mesures de gestion des impacts, normes) ;
  • Mener des évaluations d’impacts environnementaux ;
  • Déterminer les limites de changements acceptables pour le territoire et la communauté (définir des indicateurs et des normes de qualité) ;
  • Choisir des matériaux écoresponsables ;
  • Utiliser des espèces de plantes natives pour l’aménagement paysager.
Principes 5 et 6 —La gestion des flux de visiteurs et des utilisations du territoire

L’utilisation d’outils et de techniques limitant l’utilisation du territoire par les visiteurs permet de s’assurer que les activités touristiques ne compromettent pas l’objectif de conservation de l’aire protégée. Voici quelques pistes d’actions :

  • Étendre l’offre dans l’espace et dans le temps pour une meilleure répartition des flux de visiteurs ;
  • Réduire la demande pour les utilisations problématiques. Par exemple mettre fin à certaines activités (escalade de paroi) à certaines périodes (nidification) ;
  • Utiliser un système de restriction pour l’accès (ex. : système de réservation, tirage au sort, file d’attente) ;
  • Utiliser le zonage qui attribue certaines activités récréatives à des zones ou des plages horaires spécifiques ;
  • Utiliser une tarification variable (ex. : les sites les plus prisés et fragiles sont plus dispendieux).
Principes 7 à 10 — Suivi, engagement et communication : le trio gagnant

Une fois que le cadre de gestion a été établi et que les outils et techniques sont choisis de façon appropriée, les gestionnaires d’aires protégées doivent concevoir et mettre en place un programme de suivi, d’engagement et de communication.

  • Le suivi est essentiel. Un suivi continu, qui surveille les conditions actuelles et évalue l’efficacité des actions, permet de prendre des décisions éclairées et de faire les ajustements nécessaires.
  • L’engagement et la concertation des parties prenantes sont primordiaux dans la gestion d’une aire protégée. Des partenariats entre les organismes de gestion des aires protégées et les ONG, les populations autochtones, les communautés locales et le secteur privé peuvent être très bénéfiques, mais aussi complexes, car chaque groupe peut avoir des objectifs différents.
  • Enfin, la communication est essentielle pour améliorer les connaissances et soutenir la durabilité.

Conclusion

Le tourisme et les différentes utilisations récréatives dans les aires protégées génèrent certains impacts négatifs. Cependant, si elle est gérée durablement, cette utilisation touristique peut également générer des impacts positifs en faveur de la conservation de la nature et pour le développement communautaire. Enfin, en appliquant les meilleures pratiques, le tourisme durable peut aider à défendre de nombreuses valeurs naturelles et sociales qui contribuent à la mission de conservation de l’aire protégée et, lorsque possible, bénéficient aux communautés locales.

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